L'interview Emotions de Laetitia Colombani

L'art du récit

Laetitia Colombani est une écrivaine attachante, sensible et avec un fort pouvoir de narration. Après le succès de la Tresse paru chez Grasset en 2017, elle a publié Les Victorieuses, toujours chez Grasset en 2019. L’intrigue suit Solène, 40 ans, ancienne avocate au sortir d’un burnout qui tente de trouver du sens à sa vie, au Palais de la Femme à Paris.

1/ Si je vous dis émotions et littérature, vous pensez à quoi ?

Pour moi la littérature comme le cinéma sont vecteurs d’émotions ; j’aime être émue et surprise quand je lis un roman, j’aime être transportée dans des univers que je ne connais pas. Une littérature froide sans émotion ne me touche pas.

2/ Les deux ou trois lectures qui vous ont le plus émue dans votre vie. Pour quelle raison ?

« L’amant » de Duras : je l’ai lu à l’âge de 15 ans, l’âge de l’héroïne du roman. Je le relis régulièrement et suis émue à chaque fois. La musique des mots de Duras me bouleverse.

« Rien ne s’oppose à la nuit » de Delphine de Vigan. La fin est d’une brutalité sans nom, j’ai rarement autant pleuré. C’est un roman d’une puissance rare.

« Les Heures » de Mickael Cunnigham. J’ai d’abord vu le film de Stephen Daldry avant de découvrir le roman. Le parallèle des destins de ces trois femmes est poignant, sensible. L’âme féminine, ses tourments et ses secrets sont magnifiquement rendus par Cunningham.

3/ L’émotion que vous préférez voir chez une femme.

La joie

4/ L’émotion que vous préférez voir chez un homme.

La joie

5/ Lequel de vos romans dont l'écriture a suscité en vous les émotions les plus particulières ? Pourquoi ? 

Mes deux romans ont chacun suscité beaucoup d’émotion lors de l’écriture. J’ai écrit « la tresse » en pensant à l’une de mes proches amies qui affrontait l’épreuve de la maladie, et à qui le livre est dédié. Je me sentais tellement en empathie avec elle et les personnages du livre qu’il m’arrivait de pleurer en écrivant certaines scènes (les scènes de fin notamment). Dans « Les Victorieuses », l’émotion a aussi accompagné mon écriture. Le personnage de Binta particulièrement, cette femme africaine qui a abandonné son fils en Guinée pour sauver sa fille, m’a profondément touchée. Je pense que je ne pourrai pas écrire sur des sujets qui ne me touchent pas.

Les victorieuses, de Laetitia Colombani | Éditions Grasset
6/ Un des moments les plus émouvants de votre vie d’écrivain ? 

Lorsque mon instituteur de CM1, qui avait prédit à mes parents qu’un jour je serai écrivain alors que je n’avais que dix ans, est entré dans une librairie où je faisais une dédicace et s’est exclamé « J’ai attendu trente ans que tu écrives un livre ! Mais tu vois, tu l’as fait !».

7/ Le personnage de roman qui vous a le plus marquée ? Pourquoi ?

Mrs Dalloway. Parce que je trouve qu’elle me ressemble. Elle est à la fois totalement singulière et parfaitement universelle.

8/ L'auteur qui vous touche le plus ? 

Delphine de Vigan

9/ Où et quand préférez-vous lire ? 

Le soir après 22h, quand tout est calme chez moi. Et dans le train, dans l’avion, en vacances sur la plage.

10/ A qui offrez-vous des livres le plus souvent ? 

A ma fille, à ma mère, à ma soeur, à mon mari

11/ Votre état émotionnel actuel en tant qu’écrivain. 

Je me sens épanouie, heureuse, et excitée à l’idée de me lancer dans l’écriture de mon troisième roman ! J’ai aussi un peu peur… comme à chaque fois que je me lance dans un nouveau projet. Mais c’est une peur qui me fait avancer !

Epilogue : finissez la phrase suivante > La littérature m’émeut quand….

… elle me surprend et m’emmène sur des sentiers inconnus.



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